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Quand la musique populaire anglo-saxonne chante le sport

Publié par Auteur invité on 04/01/19 15:26

Série Sport & Musique, épisode 1 (1/2)

Le sport n’est pas un thème de prédilection du rock, qui bien souvent lui préfère les histoires de cœur (de cœur, on vous dit), la boisson-baston, la déprime, la mort, les (road) trips de toutes sortes – bref, le rock, quoi. Néanmoins quelques irréductibles se sont attaqués à ce thème un peu trop boy-scout pour leur écosystème. Sélection totalement subjective, qui montre qu’il y a une vie au-delà de l’œil du tigre.

 

1) The loneliness of the long distance runner, Iron Maiden - album Somewhere in Time (1986)

Les métalleux seraient des bourrins ? Préjugé ! Iron Maiden est prolixe en clins d’œil plus ou moins appuyés à la culture et à l’histoire britannique[1]. Ainsi, l’opus qui nous intéresse s’inspire du film La solitude du coureur de fond réalisé par Tony Richardson en 1962[2].  

Côté paroles on reste ici 100% running et très premier degré, avec quelques sensations assez classiques, pour vous, squaddies : “Your mind is getting clearer / You’re over half way there / But the miles they never seem to end”. Question musique, c’est un peu le bazar dans l’enchaînement des séquences ; et si la construction des couplets est diablement efficace, les riff & chant du refrain sonnent un peu creux, surtout au regard du pilonnage infligé par la batterie d’une part, et à l’absence du fameux « tagadam tagadam » d’autre part, cavalcade signature du bassiste Steve Harris. Dommage de l’avoir laissée au vestiaire pour un morceau sur la course à pied – vous l’avez ?

Une production honnête sans plus, donc, mais dans le cahier des charges, assurément. Si vraiment on veut du run et une plus-value musicale on préfèrera Running free ou Run to the hills qui, certes, font vibrer les stades, mais très loin du thème sportif. Tagadam-tagadam, y a que ça de vrai.

 

2) Bicycle race, Queen - album Jazz (1978)

Une course de vélos, une course de vélos… une course entre les changements harmoniques et rythmiques, oui ! On a quitté pour de bon le premier degré et le ton monocorde, vous l’aurez compris.

On vous encourage, pardon, vous êtes obligés de lire l’histoire de cette chanson totalement barrée ici (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bicycle_Race), qui est un fun fact au carré. Pas besoin d’en rajouter, c’est de l’Art.  

Reste pour vous - nous, on n’a pas réussi - à répondre à la question suivante : est-on bien dans le thème du vélo-sport, après tout ? Vous avez deux heures. C’est serré. Si vous répondez non, vous aurez une deuxième chance avec le prochain épisode de la présente série (bien sûr qu’il y aura du Tour de France).

 

3) Box & Folk

La boxe est le sport le plus présent dans le cinéma et la musique américaine, pour des raisons esthétiques et dramatiques assez évidentes. Il fallait choisir, on a choisi : un petit pas de côté chez les folkeux avec trois chansons assez complémentaires mais pas follement gaies, autant vous le dire tout de suite.

  • The boxer, Simon & Garfunkel (1969)

Alors oui, on n’est que partiellement dans le thème, puisque le boxeur de la chanson sert surtout à illustrer un propos assez existentiel, à savoir la projection vieillie du héros, jeune immigré américain quelque peu désabusé. Néanmoins, comment ne pas citer cet énoooormissime tube du duo ? La-Laïeu-Laï. Voilà, c’est fait.

  • Hurricane, Bob Dylan (1975)

Un titre dédié au boxeur emprisonné Rubin « Hurricane » Carter, accusé de plusieurs meurtres mais qui a toujours clamé son innocence. A l’époque Dylan a été vertement critiqué pour son manque d’objectivité. L’histoire semble pourtant lui donner raison : Carter a été réhabilité par la justice américaine, au bout d’une procédure à rebondissements et de nombreuses années de prison (pour rien, donc), et a consacré le reste de sa vie en liberté aux victimes d’erreurs judiciaires. Tristement familier.

  • Boom Boom Mancini, Warren Zevon (1987)

En 1982, le combat entre Kim Duk-Koo et Ray Mancini se termine par le KO, puis la mort du Coréen quatre jours plus tard. La chanson pose la question de la responsabilité de cette mort – Mancini lui-même ? L’arbitre ? Le manager ? La fédé ? Suite à l’émotion suscitée par cette tragédie, les combats pro passeront de 15 à 12 rounds.

 

4) Tessie, Dropkick Murphies - album The warrior’s code (2005)

Parmi les hymnes que les groupes de rock ont mis à leur sauce et chanté à leurs équipes de sport co préférées, on aurait pu taper dans le football anglais, mais on a jeté notre dévolu sur une reprise de ces punks à cornemuse (!) irlando-américains et fans des Red Sox de Boston, emblématique team de baseball.

De là à dire que cette passion peut éventuellement permettre à certains de coupler le thème « sport » imposé ET celui de la boisson-baston, cité en introduction, il n’y a qu’un pas que notre équanimité nous interdit de franchir. On admettra simplement qu’avec une Guinness et une batte dans un berceau à trèfles, certains partent avantagés[3].

Bonus #1: A noter que sur le même album (et puisqu’on évoquait la boxe précédemment), The Warrior's Code parle du boxeur « Irish » Micky Ward, également originaire du Massachussets.

Bonus #2 : Ce fort ancrage local a donné The state of Massachussets ou encore Shipping up to Boston. Cette dernière, utilisée par des équipes de NHL (dont Boston of course), est présente sur la BO du film Les infiltrés de Martin Scorcese. La baston, définitivement.

 

5) Hors-série : (Return of the) Kung-fu world champion (2 titres), Hiromi

Entrée assez abusive puisqu’il ne s’agit ni de rock - mais presque, jazz fusion égale jazz-rock - ni d’une artiste anglo-saxonne - mais presque, elle a fait le Berklee College of Music (tiens, Boston, encore !), elle joue avec des Américains, franchement, allez, on dit que ça passe…

Son champion du monde de kung-fu, même sans paroles, est plus vrai que nature et nous rappelle que le Japon est non seulement LE pays des arts martiaux mais aussi celui des jeux vidéo. Or, comme indiqué plus haut, il y a deux titres. Double Dragon ?

[1] Jugez plutôt (et ce n’est qu’un échantillon):

  •    Where eagles dare sur l’album Piece of Mind (1983)  est d’abord un film réalisé par Brian G.Hutton en 1968 sur la fin de la seconde guerre mondiale
  •    The rime of the ancient mariner sur l’album Powerslave (1984) est à l’origine un long poème de Samuel Taylor Coleridge écrit à la fin du 18ème siècle.
  •    Sur le même album, un extrait original d’un discours de guerre de Churchill est placé au début de Aces High
  •    Cherry on the cake : le groupe termine tous ses concerts par la bande enregistrée du Always look on the bright side of life des Monty Python.

[2] S’inspire Du titre, surtout, parce que le scénario du film est plus complexe qu’une course sportive, sujet unique du morceau d’Iron Maiden.

[3] C’est pour de rire, bien sûr, on sait à quel point les supporters irlandais sont les meilleurs du monde. M’enfin ceux-là ont passé l’Atlantique et, surtout, écrivent des trucs du genre « the boys are back and they’re looking for trouble », excusez du peu. Enervé par de nombreuses critiques en ce sens, le groupe a riposté avec : Wicked sensitive crew qui figure sur le même album. Bon, puisqu’ils le disent…

 

Serie Sport & Musique, épisode 1 (2/2)

Tags: L'Échauffement

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